Sébastien Lasnier

« Une idée dans la tête »

Par une ampoule illuminée dans un phylactère au-dessus du crâne d’un personnage, la bande dessinée symbolise l’émergence d’une idée. En réalité, c’est exactement ce qui est arrivé à Sébastien Lasnier, chercheur en neurosciences. Une idée qui a changé la vie de ce spécialiste du cerveau, et qui pourrait bien changer aussi la nôtre.

Un article qui se respecte exige, en général, que l’on en expose d’abord le sujet, avant d’en explorer les alentours. En l’occurrence, expliquer sans détours en quoi consiste « l’idée » de Sébastien Lasnier avant d’aller plus loin. Sans verser dans le teasing (dont on rappellera avec gourmandise la traduction française de « taquinerie »), on procèdera cependant ici de façon inverse, en parlant d’abord de l’homme.


Dire que le parcours de Sébastien Lasnier n’a rien de linéaire n’est pas lui faire injure. Au contraire, puisqu’il est constitué d’opportunités, de système D, et de beaucoup de travail - sans toutefois jamais perdre de vue l’objectif médical et scientifique qui a toujours été le sien. Une formation universitaire inachevée, mâtinée de médecine et d’école de commerce, le conduit au gré des circonstances et d’un diplôme d’études universitaires et scientifiques (DEUST) vers l’industrie pharmaceutique, pour laquelle il devient visiteur médical. Au terme d’une première expérience, il rejoint le laboratoire danois Lundbeck, spécialisé dans les maladies du système nerveux central. Là, il s’intéresse particulièrement à la partie recherche, devient conseiller scientifique - il réalise des contenus scientifiques destinés à la formation des médecins neurologues, psychiatres et gériatres -, travaille avec des professeurs d’université, et gère 80 délégués médicaux. Il sillonne également le monde au fil des congrès spécialisés traitant du système nerveux central ou, pour faire court, du cerveau. Ce qui l’amène a bien connaître les médicaments dédiés aux troubles neurologiques, à disposer, aussi, de solides connaissances sur l’organe. Il convient d’ajouter que durant ces années, Sébastien Lasnier n’a jamais cessé de se former scientifiquement dans le cadre des formations dispensés par les laboratoires eux-mêmes.


Médicament combiné

Lors d’un congrès, justement, Sébastien Lasnier assiste à une conférence sur une molécule qui aurait une action sur le cerveau. Et c’est dans le sien que s’allume la petite ampoule de la BD : il se dit que l’association de cette molécule au médicament développé par Lundbeck pour lutter contre la maladie d’Alzheimer pourrait être particulièrement efficace. Car, si l’on sait gérer les effets symptomatiques de la maladie d’Alzheimer, on ne sait pas la traiter à l’heure actuelle. Or, il est aujourd’hui possible de « prévoir » la maladie, via des biomarqueurs sanguins. « L’idée » consisterait donc à en stopper le développement. Si des médicaments « combinés » existent pour lutter contre le sida ou le cancer, il n’y en a pas - pas encore ! - pour la maladie d’Alzheimer. En 2011, il quitte Lundbeck pour se lancer dans la recherche de ce médicament combiné. En 2012, il dépose un brevet en ce sens. En 2015, il fonde aux Etats-Unis - puisque c’est « là-bas » que tout se passe - LSL Neurosciences, Research and Development, et s’entoure d’associés chercheurs et d’investisseurs, non sans avoir préalablement effectué 600 heures de formation en ligne estampillées Harvard, Stanford et HEC, pour se frotter au métier de Président-Directeur Général. Il est également membre de Doctorpreneurs, communauté internationale de médecins startuppers visant à accompagner et encourager ceux-ci dans le cadre de leur activité entrepreneuriale. Car, si Sébastien Lasnier dirige pour l’instant une petite équipe dynamique et réactive de 8 collaborateurs, appelée à grandir, il s’apprête à devenir aussi le chef d’orchestre de quelque 400 personnes qui vont intervenir à divers degrés et étapes de ses recherches.


Direction les Etats-Unis

Après quelques vicissitudes, hélas synonymes de perte de temps, LSL Neurosciences cherche actuellement à préciser le meilleur ratio de combinaison chimique du futur médicament et à en définir les composés définitifs. Viendront ensuite les tests pré-cliniques et cliniques du médicament lui-même , qui dureront environ 4 ans. Il sera alors temps de le vendre à un laboratoire qui assurera sa mise sur le marché. S’il réside encore en France, travaille via Internet et fait des allers-retours aux Etats-Unis, Sébastien Lasnier envisage de s’installer aux USA dès que les problèmes sanitaires du moment le permettront. Mais, pour l’instant, le chef d’entreprise prend un peu le pas sur le neuroscientifique et… cherche les indispensables investisseurs lui permettant de mettre au point un médicament essentiel pour endiguer la maladie d’Alzheimer. Avis aux amateurs, pour mémoire bien sûr !


LSL Neurosciences.com


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