Frédéric Renaudeau

« Frédéric Renaudeau, entrepreneur branché »

Cet encore jeune homme, qui a travaillé aux côtés de Pierre Fabre et de Nicolas Rousselet, a saisi l’occasion de créer sa propre entreprise en se lançant sur le créneau de la recharge pour véhicules électriques en immeubles et copropriétés. Avec un supplément d’âme qui donne toute sa valeur à la création d’entreprise.

Diplômé d’HEC, 39 ans, marié, deux enfants. Le portait classique du cadre sup’ dynamique, sourire carnassier en prime et tête haute pour que les dents ne rayent pas le plancher. De temps en temps, il est heureux de pouvoir tordre le cou à une image d’Epinal. Diplômé d’HEC, oui, 39 ans, marié, deux enfants, oui. Mais quand il vous donne un rendez-vous téléphonique Frédéric Renaudeau a la courtoisie d’être à l’heure et ne compte pas son temps pour expliquer ce qu’est Zeplug, l’entreprise qu’il a récemment créée, ni ce qui l’anime dans ce challenge d’envergure. Avec enthousiasme et humilité.


De Pierre Fabre à Nicolas Rousselet


Mais avant d’en arriver à Zeplug, il convient de retracer rapidement le parcours de Frédéric Renaudeau, qui l’a amené à côtoyer des hommes d’exception. Après HEC, il intègre un cabinet de conseil en stratégie où il apprend, notamment, l’analyse d’un business plan. Puis il enchaîne avec un autre cabinet conseil, en croissance cette fois. Expériences formatrices qu’il met concrètement au service de Roquette Frères, où il est chargé de l’analyse des nouveaux investissements pour le leader de la transformation de l’amidon (2 Md€ de CA !). Du Nord, il rejoint alors le Sud-Ouest, à Castres, où il devient chef de cabinet de Pierre Fabre, le charismatique patron des laboratoires portant son nom. « A 85 ans, il avait toujours une longueur d’avance sur ses équipes... » Malheureusement, l’âge et l’état de santé de Pierre Fabre ne permettront pas à Frédéric Renaudeau de rester très longtemps à Castres, où Sylvain Bertrand (tiens donc !) vient lui proposer le poste de chef de cabinet de Nicolas Rousselet, autre figure du monde de l’entreprise et patron du Groupe G7. « J’ai commencé en 2010. Puis Nicolas Rousselet m’a confié la présidence d’une filiale du groupe, Sérénis. Je m’y suis familiarisé avec les rouages opérationnels de l’entreprise... En 2012, je suis devenu directeur général de G7 taxi service, qui connaissait quelques problèmes de gestion. »


Les doigts dans la prise


C’est chez G7 taxi service que s’amorce la transition qui le conduira à Zeplug. « Nous avons été le premier garage à nous équiper de véhicules électriques, d’abord hybrides, puis entièrement électriques et autonomes pour une journée de travail avec Tesla Motors. Mais les chauffeurs ne pouvaient pas recharger leur véhicule le soir, leurs immeubles ne disposant pas des installations nécessaires. » Sachant que 43 % des Français habitent en copropriété mais que seuls 7 % peuvent aujourd’hui recharger leur véhicule électrique dans leur immeuble, Frédéric Renaudeau identifie un segment à développer. « L’intérêt même du véhicule électrique, c’est la ville, et l’électricité est l’avenir de l’automobile. Aux Pays-Bas, tous les véhicules seront 100 % électriques à partir de 2025. Les pays nordiques sont en avance en la matière mais la France va suivre. En 2015, la vente de véhicules électriques a progressé de 60 % par rapport à 2014. Et les premiers chiffres 2016 sont également en hausse. Dans la plupart des copropriétés, aujourd’hui, on évoque le branchement électrique... » Et c’est là qu’intervient Zeplug, dont l’activité a démarré en novembre 2014. Zeplug (rappelons pour ceux qui ont fait allemand première langue qu’en anglais « plug » signifie « prise de courant ») est un opérateur de recharge pour véhicules électriques en immeubles et copropriétés. « Nous nous occupons de tout et levons ainsi tous les freins relatifs à la copropriété : pas d’impact sur les charges, pas de travail supplémentaire pour le syndic, nous assurons les installations, les branchements, la gestion, etc. Et nous créons la relation avec le client via un abonnement. Un peu comme un forfait pour un téléphone mobile. Pour 49 € par mois (tarif de base), l’utilisateur dispose de l’installation, de l’électricité, du service après-vente... »


Horizon 2020


Pour la petite histoire, Frédéric Renaudeau avait déjà une grosse envie de créer son entreprise, en 2007, à partir d’un concept original sur lequel il avait rédigé un business plan d’une centaine de pages : le... covoiturage ! « Les choses ne se sont pas faites à l’époque, et bravo à Frédéric Mazzella d’avoir mis en œuvre BlaBlaCar. » C’est peut-être aussi de cette... frustration qu’est née Zeplug. « Je suis fier, aujourd’hui, d’avoir au capital social de Zeplug des personnes qui s’investissent dans l’entreprise, comme Marie-Christine Caubet, ancienne présidente du directoire de Volkswagen France, ou encore Christian Streiff, que l’on ne présente plus. Leur soutien est précieux Nous avons actuellement 15 copropriétés installées et plus de 80 dossiers en attente de passage devant les assemblées de copropriétaires, à Paris et région parisienne, Lyon, Rennes... Avec prudence, nous visons un chiffre d’affaires de 4 M€ en 2020, pour un millier de copropriétés installées - sachant que l’on en compte 560 000 en France. »


Rendre à la société...


Si on lui demande ce qui l’a poussé vers la création d’entreprise, là encore, Frédéric Renaudeau tient un discours qui sort un peu de l’ordinaire. On lui laissera donc la parole : « Quand on a la chance de faire HEC, avec l’investissement de la collectivité dans cette éducation, on a une sorte de ‘devoir de retour’ à l’égard de la société. On a investi sur vous pour faire avancer les choses, on vous a donné les ‘armes’ pour cela, alors quelle que soit la structure dans laquelle on s’engage (entreprise, association, organisation internationale...), il faut répondre à cette attente. Je n’oublie pas que le slogan d’HEC est « Apprendre à oser ». Eh bien osons ! Je ne suis pas le seul à penser cela et j’ai des amis d’HEC qui créent dans cette optique. L’argent n’est pas notre finalité. Je pense que l’entrepreneur a une responsabilité à l’égard de la société. Notre vie se transforme aussi grâce aux entrepreneurs que je comparerais volontiers aux révolutionnaires. Oui, les entrepreneurs sont des révolutionnaires - regardez Steve Jobs, par exemple... J’ai envie de contribuer, à mon échelle, aux grands enjeux de notre société. » Zeplug pourrait bien être l’une de ces contributions au service de la planète pour un environnement moins pollué.



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